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Lire : The Following – Saison 1 #1

Ep. 15 (final) – The Final Chapter (réal. Marcos Siega, écrit par Kevin Williamson)

« Toutes choses sont bonnes ou mauvaises par comparaison. »
Edgar Allan Poe

Kevin Bacon / Ryan Hardy - The Following - © FOX

Cette saison 2012/2013 est l’année des serial-killer, on n’a jamais eu autant de nouveautés, en même temps, traitant du même sujet : Hannibal, Bates Motel et The Following, trois séries sorties à quelques semaines d’intervalles les unes des autres, trois façons d’aborder trois serial killers.

The Following a pris le pari des adeptes, ceux qui arrivent après l’arrestation du tueur (« the following » peut se traduire par « les adeptes » justement) et qui reprennent le flambeau en l’honneur de leur leader. La série aurait pu se contenter d’une salle d’interrogatoire où serait enfermer Joe Carroll (James Purefoy) et d’enquêtes effectuées par Ryan Hardy (Kevin Bacon) pour trouver le nouvel adepte de l’épisode, restant dans le classique « police procedural » qui ne fait pas peur aux chaînes.

Sauf que pousser par des noms comme ceux de James Purefoy, Natalie Zea (qui interprète Claire Matthews, l’ex femme de Joe) et bien sûr Kevin Bacon, le créateur de la série, Kevin Williamson (scénariste des films de la saga Scream) n’a pas eu de mal à imposer un rythme très feuilletonnant, qui ravira les sériephiles mais qui a tendance à moins prendre sur la globalité du public, on sacrifie l’audience pour la qualité, et c’est tant mieux.
Sauf que l’audience a été là, toute la saison, suffisante en tout cas pour que la série soit renouvelée, et c’est là que je me pose quelques questions : quelle va-t-être la suite ?

[Attention spoiler]

La saison 1 est construite autour d’un triangle amoureux : Ryan, Claire et Joe. Le gentil flic, la femme du tueur et le tueur. Trois points, c’est la limite pour obtenir quelque chose équilibrée. Ce triangle est aussi un moyen assez simple de ressortir le schéma extrêmement classique de la « demoiselle en détresse », même si dès le début de la saison, c’est le fils de Joe Carroll qu’il faut secourir et non sa femme.
C’est là que j’ai des doutes sur la suite de la série. En effet, pour des raisons diverses, cet équilibre est rompu à la fin de la saison. Comme c’est souvent le cas à la fin d’une saison : l’histoire est close et une nouvelle histoire s’ouvre. Sauf que la transition est grossière, presque artificielle, comme si les scénaristes avaient décidé de tuer eux-même l’histoire en plombant la suite de cette série qui ne devrait pas en avoir.

[Fin du spoiler]

Si j’ai des doutes pour la suite, je suis aussi mitigé sur cette saison. La série se lance très vite, le pilot écrit par Kevin Williamson présente assez rapidement les personnages et on se fait une bonne idée de leurs relations et du passé de chacun, mais c’est le deuxième épisode qui entame véritablement la série, en introduisant le personnage de Debra Parker, spécialiste des comportements sectaires.
L’enquête policière est bien construite, les flics avancent un peu plus à chaque épisode et Joe Carroll qui est totalement en contrôle au début de la saison perd peu à peu pied à mesure que le FBI progresse. C’est d’ailleurs un point que j’ai pu apprécier, en regardant les épisodes 9 à 13 à la suite. Une série très sympa à « binger » comme on dit.

Il y a bien sûr des points négatifs, comme la lenteur du début de la saison et un FBI qui piétine, confronté à des adeptes peu impressionnants. J’ai aussi été énervé par les références constantes à Poe, dont est spécialiste Joe Carroll (d’où la citation en haut de cet article), d’autant plus que les analyses faites dans la série sont d’un niveau littéraire affligeant : « Poe dit que la mort c’est cool, alors je tue », j’exagère à peine.
Un point négatif qui évolue, par contre, c’est l’organisation des « followers ». On nous présente la secte comme quelque chose d’immense et pendant près de la moitié de la saison, on n’en voit que 5, qui se réunissent dans un grenier et semblent être toute l’organisation, ce n’est que lorsque Rodrick est introduit qu’on comprend qu’il y a quelque chose de plus grand derrière.
On appréciera aussi le côté protagoniste-antagoniste, outre le duo Ryan/Joe, on a aussi l’opposition Claire/Emma autour de Joey et Mike/Rodrick, l’affrontement entre les deux disciples respectifs.

Claire Matthews / Natalie Zea - The Following - © FOX

En conclusion, je n’ai pas grand chose à reprocher à cette première saison. Les épisodes s’enchaînent bien, la réalisation et les acteurs servent bien un scénario qui sait surprendre. On ne s’ennuie pas et par moment la tension est vraiment très forte. Je regrette certaines facilités d’écriture, mais dans l’ensemble c’est une bonne série.
Ma note sur cette saison : 6,5/10

PS : comme j’aime bien l’idée de commencer mes articles par un citation qui peut s’y rapporter, je vais conserver ce procédé par la suite.

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