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Ép. 1 – Pilot (réal. Gavin O’Connor)

Créée par Joe Weisberg en 2013 – Feuilletonnant : Drame/Historique

Il y a un an, jour pour jour, Docteur C. voyait le jour. Je ne suis pas particulièrement attaché aux anniversaires, surtout lorsqu’il s’agit d’un simple blog, même du mien. Mais le hasard a fait que le premier épisode de The Americans, une série que j’attendais depuis qu’elle a été annoncée, a été diffusé hier soir sur FX et, disons le tout de suite, ce fut un agréable cadeau d’anniversaire, merci.

L’histoire se passe en 1981, l’année de l’élection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis – rappelons qu’il a été, entre autres, le Président qui a relancé la Guerre Froide et qu’il a renforcé les forces armées, c’est dans ce contexte que la série commence : le FBI part en quête des agents du KGB dormants, ceux qui vivent aux États-Unis parfois depuis un grand nombre d’années et ne peuvent être différenciés des Américains – ils parlent un anglais parfait, vivent dans une routine de couple classique, ne font pas de vague, il sont intégrés quoi.

Elizabeth - The Americans - © FX

C’est justement la vie de deux de ces agents que l’on va suivre : Philip et Elizabeth Jennings (Matthew Rhys et Keri Russell), ce sont bien sûr leur noms américains, mais eux-même ignorent la véritable identité de l’autre. Ils vivent avec leur deux enfants dans une banlieue américaine, ce sont, en apparence les personnes les plus banales qui soient.

J’ai été agréablement surpris par le non patriotisme d’un tel scénario. Si l’on prend comme exemple Homeland (que j’adore, soit dit en passant) : l’angle choisi est celui de la CIA qui tente de débusquer justement les dormants d’Al Qaïda, on peut aimer la série autant que l’on veut cela reste un choix patriotique. Alors bien sûr, l’histoire moderne et la guerre contre le terrorisme sont différentes de ce qui se passait dans les années 80, mais tout de même, The Americans proposent une approche originale, pour une fois les héros de l’histoire sont non seulement anti-Américains, mais en plus Soviétiques et Communistes !
Ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas non plus d’un manifeste pro-URSS, on en est loin et d’ailleurs durant cet épisode la seule mission que l’on voit d’accomplie concerne l’arrestation d’un traître. Quelque soit le camp, les traîtres sont des traîtres et il se trouve que celui-là est un sacré morceau, donc ça va.
Non, The Americans, dans ce premier épisode, montre les travers de deux systèmes, l’absurdité d’un patriotisme trop poussé : tous les enfants de l’école qui agitent des Stars and Stripes par exemple, la nation qui apprend à ses enfants que les Russes mentent, mais aussi les deux agents du KGB qui découvrent la vie à l’Américaine, qui l’aiment, mais qui pensent toujours que leur pays a raison, même quand cela implique des crimes d’État.

J’émettrai une petite réserve par contre, ce long pilote (1h10 environ) développe beaucoup de points intéressant et plusieurs scénarios possibles par la suite, mais il révèle déjà beaucoup à mon sens. Je ne pense pas que la suite réussira à être au niveau. Mais n’oublions pas sur quelle chaîne on est et FX n’a pas l’habitude de nous flouer.

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