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Rappel : Challenge Séries 2013

Créée par David Simon en 2002 – Feuilletonnant : Drame/Policier

C’est en écoutant « Eminence Front » des Who que j’entame l’écriture de la première review de mon challenge. Dire que cette chanson me motive est en deçà de la vérité, il est tard et je ne sais pas vraiment quoi écrire qui ne l’a jamais été, mais The Wire le mérite amplement.
Je ne vais pas tourner autour du pot : j’ai adoré cette série. Voilà, c’est dit. Je ne l’avais pas encore finie que je l’ajoutais déjà à la bannière de ce blog, avec mes autres séries préférées, ne voyez pas dans l’ordre choisi une quelconque préférence, j’ai fait cette bannière comme je le sentais. Mais ce n’est pas le sujet qui nous intéresse ici.
Plutôt que de vous redire tout ce que vous pourrez trouver sur la page Wikipédia de la série, sur celle de David Simon ou ailleurs, je vais juste vous donner mon avis personnel.

Lance Reddick, Lieutenant Daniels dans The Wire, avant de devenir Agent Broyles dans Fringe

Résumer cinq saisons est une tâche ardue, mais je vais tenter de vous faire un bref récapitulatif du tout, en en révélant le moins possible sur les différentes intrigues.
Tout commence lorsque l’inspecteur Jimmy McNulty (Dominic West) explique à un juge qu’Avon Barksdale (Wood Harris) un baron du crime et son second Stringer Bell (Idris Elba) sont à la tête d’un immense réseau de trafic de drogue responsable d’au moins une douzaine de morts. Le juge décide donc mettre en place un détachement policier chargé d’enquêter sur le Barksdale Crew, ce qui ne manque pas de créer des tensions au sein du Police District de Baltimore (ah, oui, la série se passe à Baltimore, Maryland, si vous ne le saviez pas encore). L’enquête évolue vers de la surveillance téléphonique et le fameux wire est mis en place.

La première saison est la plus « classique » dans son sujet, mais terriblement réussie dans son traitement. Certaines scènes sont absolument cultes, comme par exemple l’enquête sur une scène de crime uniquement rythmée par les « fuck » de McNulty et de son partenaire Bunk (Wendell Pierce). La série réussit à mélanger un peu de tout, du drama, de la violence, de la tension, de l’humour et de la politique.
La deuxième saison est concentrée sur les dockers de Baltimore qui ont forcément un rôle clé dans l’approvisionnement de la ville. Elle met en lumière toute une part du réseau qui était resté dans l’ombre dans la première saison.
La troisième saison ressemble à la première, sauf qu’elle introduit le personnage de Tommy Carcetti (Aidan Gillen) un conseiller municipal ambitieux et droit qui veut réparer Baltimore et faire baisser la criminalité. À côté de ça, un commissaire quasi retraité va prendre une drôle de décision pour faire baisser les chiffres de la criminalité dans son secteur.
La quatrième saison, ma préférée (sans doute parce que je connais assez bien le milieu), est focalisée autour de l’éducation et de la vie des collégiens des quartiers difficiles de Baltimore et voit l’émergence d’une nouvelle menace sur la ville.
La cinquième et dernière saison sert en grande partie d’épilogue, mais introduit, pour la fin de la série, les journalistes du Baltimore Sun, le journal où David Simon travailla, jadis. Elle clôt joliment la série et les histoires de beaucoup de personnages. J’aurais vraiment envie de vous en dire plus, mais je pense qu’il est toujours bon de découvrir l’histoire soi-même.

Alors, qu’ai-je donc pensé de tout ça ?
J’ai eu du mal à reprendre la série au début, j’avais regardé le premier épisode il y a plus d’un an et sortant d’Engrenages, j’y avais vu beaucoup de similitudes, ça ne m’intéressais pas de revenir tout de suite dans le mystère du système judiciaire. Entre temps j’ai regardé des séries comme The Killing ou Luther qui m’ont montré que le traitement d’une histoire policière peut être inattendu. Et quand j’ai vu qu’Idris Elba était au casting de The Wire, j’ai sauté.
Le premier épisode n’est pas vraiment le meilleur. Il met en place quelques situations, certaines se continuerons sur 5 saisons, et présente certains personnages. Mais c’est vraiment au deuxième épisode, lorsque le détachement est mis en place, que la série décolle. Je voudrais vous faire une présentation détaillée de tous les personnages mais ça impliquerait un post de 10 pages et nous n’avons pas vraiment que ça à faire, sachez juste que vous allez en adorer certains : Lester Freamon (Clarke Peters) en tête, vous le reconnaîtrez assez vite : il fabrique des meubles miniatures, Omar (Michael K. Williams) avec sa petite mélodie « Omar comin » et Bunk parce que The Bunk quoi…

En somme, la série est très (mais alors très) réussie, je ne direz pas le contraire. Mais je ne peux pas dire que c’est LA meilleure série de tous les temps et pour raison très simple. Lorsque j’ai fini le dernier épisode j’ai été satisfait, content de la fin, admiratif du travail de Simon, mais pas touché plus que ça.
Une série se doit d’avoir une bonne fin. Celle de The Wire est bonne, c’est sûr, mais pas exceptionnelle, juste très bonne. Mais elle n’a pas vraiment l’aspect « fin ». C’est bien sûr voulu, la violence à Baltimore ne peut être terminée aussi facilement et la fin ressemble beaucoup à un reboot total de la série. C’est très bien, mais ça ne crée pas de sentiment particulier chez le spectateur. Et là vous me voyez venir, je compare bien sûr avec la fin de Six Feet Under, qui a su créer chez moi un sentiment très bizarre, un mélange de  tristesse et de joie.
The Wire, contrairement à SFU, est une série où chaque saison raconte une histoire très complexe avec énormément de personnages et beaucoup d’intrigues et de points de vues différents, chaque histoire a un début et une vraie fin et la fin de série ressemble juste à une grosse fin de saison.
Ce n’est pas pour sa fin qu’on la regarde, c’est sûr, mais la dernière scène d’une série reste toujours en tête et si quand je repense au final de SFU j’ai encore mon ventre qui se sert, ce n’est pas le cas pour The Wire et c’est pour cette raison que je ne peux pas la considérer comme ma série préférée. Mais c’est bien sûr une série qui m’est très chère et je ne peux que conseiller son visionnage à tout le monde.

C’est maintenant « Baba O’Riley » qui résonne dans mon casque, ça me refait penser à CSI:Manhattan, série que j’ai laissé de côté depuis longtemps et je réalise que je n’ai pas parlé du générique qui a évolué au fil des saisons, reprenant toujours le même morceau « Way Down the Hole » de Tom Waits.  Je vous laisse avec le dernier et je crois avoir fait le tour de ce que je voulais dire sur The Wire, il est tard et même les série-addict doivent dormir.

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